Lorsque Mai rougissant rassérène les c½urs
Et que sourit à tous la terre fécondée,
Quand sur les verts gazons Chloris mène des ch½urs,
Il fleurit dans le parc un arbre de Judée.
C'est un arbre tout rose, et sans feuilles d'abord,
Un tout harmonieux que rien autre n'égale.
Ses longs rameaux, groupés dans un parfait accord,
Ont l'air de supporter des roses du Bengale.
Quand la feuille leur met son beau satin ouvert,
Ils sont plus doux encore au regards de l'artiste;
La pourpre s'adoucit près du feuillage vert,
Et la tendre émeraude encadre l'améthyste.
Puisque c'est à présent que mon arbre fleurit,
Je veux, couché sur l'herbe, oubliant toutes choses,
Dans ses vivants écrins égarer mon esprit,
Et pendant un moment faire des songes roses.